Le Domaine Séjours Événements privés Entreprises & Retraites Le Territoire Magazine Contact Réserver
ITENFRDENL
Culture & traditions

Légendes du Salento : lutins, sirènes et histoires de pierre

· 4 min de lecture

Légendes du Salento : lutins, sirènes et histoires de pierre

Chaque terre a ses histoires, mais le Salento en a plus que les autres. Peut-être à cause des siècles de dominations et de mer, peut-être à cause des longues nuits de la campagne : ici, les légendes n'ont jamais été de simples récits. Elles servaient à expliquer le monde — le vent, la maladie, la peur, l'amour. En voici quelques-unes parmi les plus belles, avec les lieux où vous pouvez encore les rencontrer aujourd'hui.

Lu scazzamurieddhu, le lutin espiègle

Le personnage le plus aimé du folklore salentin est un lutin petit et rapide, coiffé d'un grand chapeau : lu scazzamurieddhu (appelé laùru ou uru dans certaines zones). La nuit, il entre dans les maisons, fait des farces, cache les objets, et — racontaient les grands-mères — il s'assoit sur la poitrine des dormeurs, provoquant cette sensation de poids et d'immobilité que la science appelle aujourd'hui paralysie du sommeil et qui, hier, était sans aucun doute de sa faute.

Mais la légende a un appendice gourmand : celui qui parvient à lui voler son chapeau peut l'échanger contre un trésor. Personne, de mémoire d'homme, n'y est jamais arrivé — le lutin est trop rapide — mais des générations d'enfants salentins se sont endormies en essayant.

Les macare, les sorcières du Salento

Les macare étaient les sorcières de la tradition salentine : des femmes qui, disait-on, connaissaient les sortilèges (les fatture), volaient la nuit et se réunissaient sous certains arbres. Chaque village avait la sienne, et malheur à qui prononçait son nom. Comme souvent, la légende cachait autre chose : les macare étaient bien souvent simplement des femmes seules, des guérisseuses, des connaisseuses de plantes — un savoir populaire qui faisait peur et que l'imagination transforma en sorcellerie.

La sirène Leucàsia et les deux pointes de Leuca

À l'extrême sud, là où les deux mers se rencontrent, vit la légende la plus romantique. La sirène Leucàsia tomba amoureuse du jeune berger Melisso, mais celui-ci lui résista, fidèle à sa bien-aimée Arìstula. La sirène, blessée, déchaîna une tempête et emporta les deux amoureux ; la déesse Athéna, prise de pitié, les transforma en deux pointes qui ferment la baie de Leuca — Punta Mèliso et Punta Ristola — unis pour toujours, l'un face à l'autre. Et la ville blanche qui regarde cette mer prit le nom de la sirène : Leucàsia, Leuca.

Les Due Sorelle de Torre dell'Orso

Face à la plage de Torre dell'Orso, deux rochers jumeaux émergent de la mer : les Due Sorelle (les Deux Sœurs). La légende raconte que deux sœurs descendirent un jour de grande chaleur jusqu'aux rochers ; l'une glissa dans les vagues, l'autre se jeta à l'eau pour la sauver. La mer les prit toutes les deux, mais les dieux — émus par tant d'amour — les transformèrent en ces deux écueils qui se regardent encore aujourd'hui, tout proches et inséparables. C'est la légende la plus photographiée du Salento : vous la croisez chaque fois que vous choisissez les plages de la côte adriatique.

Les tarantate : la légende qui était vraie

Et puis il y a l'histoire la plus puissante de toutes, celle où légende et réalité se confondent : la morsure de la taranta, les femmes qui dansaient pendant des jours pour se libérer du venin, la musique comme remède. Ce n'est pas seulement du folklore : c'est un phénomène historique documenté, étudié par les anthropologues, dont sont nées la pizzica et la Notte della Taranta elle-même. Nous l'avons racontée en entier ici — et à Galatina, vous pouvez encore visiter la chapelle où les tarantate venaient demander la grâce.

Pourquoi les légendes sont différentes ici

Dans beaucoup d'endroits, les légendes sont un divertissement. Dans le Salento, elles sont mémoire : elles parlent de labeur, de peur de la maladie, de femmes sans voix, d'amour et de mer. C'est pour cela qu'elles ressemblent tant à sa musique et à ses habitants — et c'est pour cela qu'il vaut la peine de les connaître avant de venir.

La meilleure façon de les sentir tout près ? Une nuit dans la campagne salentine, quand l'obscurité est vraie et le silence aussi. Lu scazzamurieddhu, jurent les grands-parents, rôde encore. Nous, à la masseria, nous ne lui avons pas encore volé son chapeau — mais nous continuons d'essayer.